Vivre son célibat dans un 3 1/2 seul

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Je ne sais pas si tu as déjà était célibataire, seul, sans un entourage proche et, qui plus est, en appartement, seul encore, ou si tu l’es actuellement.

Personnellement, je l’ai déjà été et je le suis encore.

Je t’avouerai que ce n’était vraiment pas facile la première fois. Du tout. J’avais habité plus de 3ans en colocation et avant ça avec ma mère. Je n’avais donc pas l’habitude d’être seule, en plus que je me suis découverte à ce moment-là, lors de cette première fois seule, une dépendance affective.

Avant de me retrouver seul dans mon 2 et demi en août 2010, je vivais avec mon ex copain. Je vivais à travers lui, en fonction de lui, pour lui. Bref, une dépendante affective dans une relation complètement déséquilibré et mal saine, puisque lui vivait pour lui. Je dépendais complètement tu temps et de l’attention que lui décidait de me donner.

Puis on s’est séparé. En fait, il ne répondait plus à mes textes pendant des heures alors que l’on devait aller souper, j’avais la mort au ventre tellement que j’avais faim et j’étais toute bien habillée pour l’occasion. La panique et mon anxiété a commencé à prendre possession de moi. Car, oui, lorsque l’on est dépendant affectif on fait de GROSSE crise d’anxiété lorsque l’autre n’est pas prêt de nous, ne répond pas, bref ne respire pas dans notre oreille. On est étouffant. J’avais dû l’étouffer d’ailleurs. Je présume. Car, il n’a jamais daigné me parler du problème que j’avais. Il a fuis, comme un lâche.

Quelques heures plus tard après plusieurs coups de téléphone, pleures, crises d’angoissent et messages textes, il me répond enfin. Il me répond qu’il ne viendra pas ce soir, ni plus jamais. Ce fût la fin de notre relation et le début de mon apprentissage de la vie avec moi-même.

C’est là que j’ai dû me demander, « Qu’est-ce que j’aime faire? », « Qu’est-ce que je pourrais bien faire?! ». Ce n’est pas que je n’avais pas d’amis, mais j’avais déménagé à Montréal pour lui et le travail, je n’avais pas de voiture, ni de permis et mes amis étaient resté à Joliette et Repentigny, comme c’est le cas encore aujourd’hui d’ailleurs. Alors j’étais seule, dans une ville trop grande pour moi et qui me faisait peur. Sur le Plateau Mont-Royal parmi les miens, car c’est une mini France ce coin-là!

Pendant un bon 6-8mois, j’ai pleuré TOUS les jours, eu des crises d’angoissent, dormi beaucoup en espérant que le temps avancent plus rapidement, essayé d’avoir de l’intérêt à écouter la télé, à sortir de chez moi, à vivre. Ce fût dure, un énorme travail sur moi-même.

Puis je me suis inscrite au gym à côté de chez moi. Le Centre Père Sablon. Je pense que cela a contribué à mon sauvetage. J’étais et je suis encore, en couple avec l’entraînement. J’y allais RELIGIEUSEMENT, soit 5 fois par semaine. Si mes amis voulaient me voir, ils devaient prévoir une activité après ma séance de gym. L’entraînement m’apportait et m’apporte encore du bien-être, de la fierté, le dépassement, la discipline, le courage, et la confiance en moi. Je me sentais capable. Capable de tous ce que je désire, car plus les jours, les semaines et les mois passaient et plus ma relation s’améliorait et se développait positivement. Je m’aimais de plus en plus, j’appréciais me gâté avec, par exemple, des sushis, une bonne bouteille de vin blanc et un film, seule, avec moi-même. Ma compagnie à elle seule était appréciée.

Tu sais, je n’ai pas de famille au Québec, je n’ai pas de mère présente dans ma vie et j’ai retrouvé mon père en 2010 grâce à Facebook. Il est en France, à sa vie et fait du mieux qu’il peut. J’ai mes grands-parents qui font tout ce qu’ils peuvent pour être présent dans ma vie à travers Skype. Cependant, ça ne remplacera jamais un bon câlin remplit d’amour avec un « Ça va aller, tout va s’arranger, je suis là. ». Ce fût une période très sombre de ma vie, ce 6-8mois d’apprentissage, mais très instructive. Comme toute période négative de la vie de quelqu’un, je crois.

Aujourd’hui, je suis de nouveau seule. La situation côté familiale n’a pas changée. Je vis dans un sous-sol, un 3 et demi à St-Jérôme, depuis bientôt deux mois. Malgré ce que l’on peut dire sur St-Jérôme, réputation que je ne connaissais pas avant d’y vivre, c’est plutôt tranquille jusqu’à présent. Les gens sont sympathique, courtois, et je n’ai rien à dire de mal. J’y suis bien. C’est plus ville que beaucoup peuvent le penser, ça me prend 20-25min allé à Laval (ville que j’adore) et 10min aller chez mon amie qui est la plus impliquée et proche de moi dans ma vie. Je suis bien. J’ai une voiture aussi, qui fonctionne selon ses désirs, mais elle est présente quand même.

Cependant, un sentiment de vide reste un sentiment de vide, surtout quand la vie s’acharne sur nous en envoyant constamment des mauvaises nouvelles. Et quand je dis constamment, ça peut être à raison de 3 mauvaises nouvelles la journée. Ça en fait pas mal rendu à la fin de la semaine.

Il y a quelques semaines, j’ai trouvé ça dure. Rien n’allait. Du moins, je ne voyais plus ce qui allait. Ma famille me manquait et me manque encore d’ailleurs. Être aimé et aimer me manquait, la solitude me pesait, rester enfermé dans mon sous-sol sombre et étouffant, me faisait paniquer légèrement et occasionnellement.

Cependant, j’avais appris beaucoup lors de ma première fois et je voyais bien que je me tirais vers le bas, vers de nouvelles crises d’anxiété, vers une perte du goût de vivre, vers le négatif. Alors j’ai pris les devants, j’ai cherché à faire des choses que j’aimais faire seule, pour moi et avec moi. Faut dire que j’ai une longueur d’avance cette fois-ci, car je m’aime déjà. Je m’aime énormément. Je suis ma meilleure amie. J’aime mon physique, j’aime ma personnalité, je m’encourage, me supporte et je suis pleine d’admiration envers moi-même, ce que je fais. Ça peut paraître narcissique, mais je crois fermement que l’on devrait être nos meilleurs amis, tous. Tout ça pour dire qu’être en ma compagnie ne me dérange pas. J’aime ça. J’aime ça, mais je ne peux m’apporter câlins, réconfort et amour comme le ferait un chum/copain. C’est là que se trouve le manque.

Notre pire ennemie est notre cerveau dans ce temps-là. Il te suffit d’avoir du temps à toi à ne rien faire pour te mettre à penser. Et quand ça ne va pas à quoi pense-t-on? Au mal, au négatif, à ce qui ne va pas. Je me suis donc mise à lire plus de développement personnel. Sans effet malheureusement. Je me suis mise à aller travailler ou lire dans des cafés, ça a fait son temps, mais ce n’était plus suffisant. Je me suis mise à manger mes émotions, vu que je suis quelqu’un qui mange très santé, ça s’est vite mis à me nuire et me faire sentir encore plus « merdique » vu que j’étais ballonné et au ralenti. Je me suis mise à prendre du recul quand à mon travail, à me dissocier un peu plus des milliers de questions de certaines personnes alors que Google pouvait y répondre et ne plus répondre en tout temps à tout le monde sur Facebook afin de m’accorder du temps de QUALITÉ à moi-même. J’en ressentais le besoin. J’avais besoin de guérir, de panser mes blessures afin de mieux leur revenir.

Les gens ne se rendent pas compte en me posant des questions supposément urgente un dimanche d’action de grâce à 22h30, auxquelles faut que je réponde tout de suite, que je ne suis pas à leur disposition et que j’ai une vie à vivre moi aussi. La débrouillardise et la meilleure des qualités à avoir dans ce travail!

J’y ai pris goût, alors je me suis mise à faire plus attention à moi et à ne plus répondre immédiatement aux gens sur Facebook, à qui que ce soit. De ne plus prendre personnel les remarques égocentriques de certains amis qui veulent que j’aille les voir et s’énervent parce que je préfère parler au téléphone que sur Facebook Messenger. J’ai décidé de faire le ménage petit à petit dans ma vie. De voir ce qui m’apporte de la joie et du positif. D’investir mon temps dans ce que j’aime et ce qui me remplit de joie. De laisser faire le reste. Dans tous les cas, nous sommes jugés par n’importe qui, n’importe quand, autant l’être quand nous faisons ce qui nous apporte satisfaction.

Puis, un mercredi d’examen à l’université, la solution se présenta, dans toute sa simplicité. J’ai eu une enfance très tumultueuse. Et mon environnement, soit ma chambre, était tout ce que j’avais qui représentait mon « château », mon « havre de paix », autant qu’il puisse l’être. Alors régulièrement, je changeais mes meubles de places, comme si je créais un nouvel environnement, une nouvelle chambre, peut-être même une nouvelle vie qui se présentait à moi. Alors quelques jours après mettre coupé les cheveux moi-même pour me créer du changement, j’ai décidé de changer mes meubles de place du tout au tout. J’ai amené toute ma chambre dans le salon à air ouverte avec la cuisine et mon bureau dans ma chambre. Faut savoir que dans ma chambre il y a une fenêtre qui illumine réellement la pièce alors que dans le salon à cause des autres bâtisses, je n’ai pas clarté.

Ce petit changement, que je ne pensais pas du tout apprécier (dormir dans le salon/cuisine ne m’emballait pas) fut guérisseur. Depuis ce changement, J’ADORE être chez nous, passer du temps dans mon bureau, dans le salon, écouter la télé pour relaxer ou écouter de la musique Feng Shui en travaillant. Mon moral est revenu, le vide a disparu et les solutions sont apparues plus clairement. Un changement aussi simple que celui-là m’a guérit.

J’aime non seulement passer du temps avec moi, mais j’aime aussi ce que je fais de mon temps, seul, dans mon 3 et demi à St-Jérôme.

Souvent, le vide que l’on ressent, le vide que l’on aimerait que quelqu’un d’autre comble est malsain. Si tu n’es pas capable d’apprécier ta propre compagnie et de faire des activités que tu adores faire seule avec toi-même, il y a des chances que tu attendes de cette personne que tu souhaites rencontrer de le combler et cela est beaucoup de responsabilité et de pression pour quelqu’un qui attend de toi de compléter sa vie et non de la rendre viable. Souvent, nous pensons que notre vie débute réellement lorsque l’on est en couple de façon stable et que l’on fonde une famille. Ceci est faux, notre vie débute le jour où nous décidons de la vivre réellement. De la vivre pour nous, car au final, jamais personne d’autre que toi vivra ce que tu vivras, et lorsque tu décèderas, car nous finirons tous par partir, tout ce qui te resteras ce sont tes souvenirs. Alors fait en sorte d’avoir le film de la vie dont tu rêves qui te défile devant les yeux le jour de ton dernier souffle et non celui de quelqu’un d’autres.

Le mot de la fin? Si tu sens un vide ou un manque dans ta vie actuellement, c’est parce que tu as besoin de changer quelques choses que tu fais répétitivement qui donne toujours le même résultat. Il est alors temps de changer quelque chose. Cela peut être aussi simple que de changer ton environnement en bougeant des meubles, ou en quittant un travail que tu n’aimes pas pour un que tu aimes, ou en quittant une relation toxique qui t’empêche d’avancer, ou en voyageant quelques semaines ou mois afin de faire le point et de respirer un grand bol d’air frais, ou en partant loin de chez toi une fin de semaine dans une auberge, en te créant une tradition pour toi comme aller au cinéma chaque mardi soir ou, dans mon cas, aller déjeuner chaque dimanche matin quelque part. Créées un changement, créées TON changement. Ne laisses pas les aléas de la vie, ta solitude ou le poids de la société te rendre malheureux, car seul TOI à le pouvoir de décider de l’être ou non.

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Marjorie Beaudet

Je suis Marjorie Beaudet, fondatrice de Les petits Succès et de son académie en ligne Les petits Succès Académie. J’ai commencé mes 14 premières années de vie en France, à Bordeaux, pour ensuite m’installer au Québec en 2005. J’ai commencé mes études en droit ainsi que mon expérience professionnelle en notariat, pour ensuite me rendre compte que ce n’était pas pour moi. J’adore le droit, mais comme intérêt pas comme carrière. C’est au travers du développement personnel et de beaucoup d’introspection que j’ai découvert ce qui me drive vraiment dans la vie, et c’est d’aider les femmes à s’accepter et être bien avec elles-mêmes. Alors j’ai fait un virage à 180 degrés, pris mon courage à deux mains et j’ai tout recommencé de zéro. J’ai décidé de faire ce qui est bon pour moi et non ce que les autres attendent de moi.

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